B M H

Un partenariat entre des chercheurs et l’usine Panneaux de Corrèze d’Ussel pourrait révolutionner l’utilisation du medium

SOURCE : Article écrit par Eric Porte et publié dans La Montagne le 17 /02/2021

D’ici fin 2021, l’usine Panneaux de Corrèze, à Ussel, pourrait produire des panneaux de fibres de bois totalement inoffensifs pour la santé humaine, grâce à un bio matériau mis au point par Greenpile.

Des panneaux de bois inoffensifs pour la santé humaine et l’environnement, utilisables pour l’écoconstruction, la pose de plinthes, de parquets, la fabrication de meubles…

Sous réserve des résultats des derniers tests, c’est la promesse que laisse entrevoir le partenariat entre Greenpile, une société de recherche appliquée qui vient d’installer son siège social à Brive, et l’usine Isoroy Panneaux de Corrèze, à Ussel, spécialisée dans la fabrication de panneaux de bois de moyenne densité.

Premiers tests jugés « très concluants »

Les premiers tests sont en tout cas jugés  » très concluants « , mais la crise sanitaire a engendré neuf à dix mois de retard dans la mise au point d’un procédé industriel qui incluerait un bio matériau, mis au point par Greenpile.

L’utilisation d’un nouveau liant, neutre et biodégradable, pour la fabrication des panneaux de fibres de bois pourrait donner « un très fort avantage concurrentiel » à l’usine usselloise, qui emploie environ 120 personnes, « même s’il y aura une différence de prix pour le client final ».

C’est du moins l’intime conviction de Patrick Lacroix, fondateur de Greenpile. Ce dernier envisage la création, à Ussel ou à Brive, d’un laboratoire capable de fournir ce fameux liant, baptisé bio matériau hybride (BMH), à Panneaux de Corrèze, « avec deux à six créations d’emplois » à la clé.

Panneaux de Corrèze, une usine qui revient de loin

Greenpile fait travailler une vingtaine de chercheurs

Pour le moment, Greenpile est installée à Meaux, en Seine-et-Marne. Elle fait travailler une vingtaine de chercheurs, dispatchés entre l’École des Mines d’Alès et les Arts et métiers. Son responsable définit ainsi son champ d’action :

 » Notre but, c’est de transférer des innovations auprès de partenaires industriels, des innovations qui respectent la santé humaine, l’écologie. C’est aussi une tendance lourde des évolutions réglementaires en Europe ».

Patrick Lacroix estime que sa société bénéficie d’une « indépendance et d’une autonomie qui permet de travailler, non pas pour répondre à une problématique posée par un industriel, mais de lever des verrous technologiques très lourds, un travail qui demande du temps et de l’expérimentation ».

Les bio matériaux constituent un axe important des recherches de Greenpile, qui vise la mise au point de matériaux capables de limiter leurs effets sur la pollution de l’air, sur la santé humaine ou d’encaisser l’effet d’une canicule, par exemple.

patrick lacroix Almoe
Patrick Lacroix, fondateur et dirigeant de Greenpile.

Elle a ainsi mis au point le , le « bio matériau hybride » (BMH), qui a fait l’objet de trois dépôts de brevets et de 18 formulations, toutes protégées. Ce BMH inclut des composants biosourcés, « d’autres transformés chimiquement », mais le tout n’aurait aucun impact sur la santé humaine et l’environnement. […]

Le nouveau liant mis au point par Greenpile pourrait remplacer ces colles et ouvrirait des perspectives intéressantes pour l’usine usselloise, propriétaire de la marque Medium. Son succès fait que désormais ce mot désigne quasiment tous les panneaux en fibre de bois.

Deux essais sont prévus courant 2021 sur le site ussellois pour valider les composants et tester l’efficacité de ce nouveau liant sur différentes épaisseurs (de 2 à 25 mm). Si tout va bien, un premier produit pourrait sortir de l’usine de haute Corrèze d’ici la fin de l’année.

« J’apprécie l’attitude très positive de ces industriels, surtout chez les PME, ouverts à la modification de leurs lignes de fabrictaion et à une prise de conscience des enjeux environnementaux », souligne Patrick Lacroix. Pour lui, c’est indéniable : « Nous avons un potentiel énorme de développement. C’est autant d’opportunités de relance de l’activité en France ».

SOURCE : Article écrit par Eric Porte et publié dans La Montagne le 17 /02/2021

Laisser un commentaire

À lire aussi

Newsletter

Suivez l’actualité d’Almoe, l’Agence du Développement Durable