La transition nucléaire à la Française

La nouvelle règlementation énergétique des bâtiments, la RE 2020 s’appliquera à partir du 1er Janvier 2021 aux constructions neuves en France.


La principale évolution par rapport à la précédente règlementation, la RT 2012, consistera à mieux intégrer la conception bioclimatique du futur ouvrage, ceci concentrant une attention particulière sur les modes d’isolation plus proactifs notamment avec de nouveaux biomatériaux hybrides. Et d’intégrer des modes énergétiques très peu émissifs en gaz à effet de serre (GES) et dioxyde de carbone (CO²).

Il en découlera de fait l’exclusion des énergies fossiles ; fuel, charbon et gaz.


Une part non négligeable d’énergies nouvelles et renouvelables sera confortée, ce qui ira bien évidemment dans le bon sens. Sauf que, les objectifs fixés depuis la COP21 ont été de COP en COP, révisés à la baisse.

Faut-il se rappeler de la défaite cuisante de Nicolas Hulot à imposer son objectif de 50% de part du nucléaire dans le mix énergétique à l’horizon 2025 ?


En 2020 près de 75% de notre énergie produite en France est d’origine nucléaire, l’énergie qui garantit notre indépendance. Aussi, ne faut-il pas s’étonner de lire dans la nouvelle règlementation RE2020 la promotion du tout électrique, un virage à 180° dans la démarche d’autonomie et d’économies d’énergie pour les consommateurs. Même si les fabricants proposent aujourd’hui des produits de chauffage électrique beaucoup moins énergivores qu’il y a 20 ans.
Les études officielles dont celles de l’ADEME reconnaissent qu’à l’horizon 2040 la consommation d’énergie électrique d’origine nucléaire sera bénéfique économiquement à des coûts de 70-80€/MWh au lieu de 90-100€/MWh pour les énergies renouvelables, et pire pour les énergies fossiles à 110-120€/MWh.


L’ADEME a donc choisi prudemment la voie la plus rationnelle, celle dite du « prolongement nucléaire aisé » qui permettrait le mieux de répondre aux besoins croissants d’électricité

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De plus, la rationalisation de la gestion des réseaux électriques par RTE, notamment sur les fortes variations et les pics de demande élevés (aux heures de pointe) tout comme celles à l’échelon individuel domestique par des smart-grids « interactifs » permettra d’économiser de 10 à 20% de la consommation électrique globale. Ce qui n’est pas le cas avec des consommations domestiques alimentées en énergies fossiles (hors gaz).


La loi Energie-Climat prévoit de fermer toutes les centrales françaises à charbon en 2022 dont acte dès 2020.


Parallèlement, des plans de développement d’EPR nouvelle génération et de maintenance en exploitation de 14 centrales nucléaires en France (soit la moitié du parc actuel) sont bien prévus pour maintenir en 2040 un mix-énergétique de 50% de part du nucléaire et 50% d’énergies nouvelles et/ou renouvelables (dont la méthanisation de biomasse sans huile de palme qui sera importée).


50% de part du nucléaire, c’était l’objectif que nous avions estimé raisonnable en novembre 2017.
Maintenant, certains prévisionnistes estiment qu’un véhicule sur quatre en 2040 sera propulsé en France électriquement. Ce qui déborde de notre sujet « énergie du bâtiment » pour amplifier l’effet d’une « transition nucléaire à la Française », qui prend l’option du tout électrique en favorisant le nucléaire.

Rappelons-nous les conditions d’exploitation des gisements d’uranium et de lithium, ces énormes sources de pollution puisées dans des territoires pauvres. La pollution atteint les sols, l’homme et les animaux et se prolonge jusqu’à la mi- vie des matières premières, pour lithium, le cobalt et l’uranium (mi vie à 150.000 ans).


Les producteurs et leurs exploitants, comme EDF en France qui rejette plus de 1000t d’uranium/an, sont lourdement responsables. C’est à ce titre qu’ils s’engagent à retraiter et enfouir leurs déchets.
La France qui retraite les déchets (usine de La Hague) peine à garder son positionnement mondial, avec une offre nucléaire crédible, de plus en plus contestée. Si le savoir-faire de nos ingénieurs reste indéniable, les évolutions technologiques dans ce domaine ne sembleraient plus au rendez-vous. Le scenario futuriste assez pessimiste de l’achat par EDF en France de nouvelles centrales relevant de la technologie chinoise pourrait prêter à rire, sauf que…ce n’est plus totalement improbable à l’horizon 2030.


L’indépendance énergétique de la France en créant la filière souhaitée par le Gal De Gaulle serait fortement compromise. Et que faut-il penser des alertes des milieux scientifiques, et de l’avis peu amène du MIT sur le nucléaire Français ? Cela dit, l’exercice à la française du tout nucléaire (50% en 2040 ?) trouvera de lui-même ses propres limites, si l’on considère à 40-50 ans les réserves de lithium et d’uranium avec leur pic vers 2040.

Dans ce contexte, d’énormes investissements pour le nucléaire à la française sont-ils encore pertinents ?

Quand on sait que ces ressources naturelles atteindront leur apogée en 2040 pour s’épuiser très vite en 2070.


L’économiste Joseph STIGLITZ considère que les investissements gigantesques qui seront poursuivis dans la filière nucléaire amoindriront sérieusement la capacité de recherche-développement en énergies nouvelles.


Ne vaudrait-il pas mieux déployer des moyens conséquents pour développer de véritables sources d’énergies alternatives, respectueuses des populations dont les terres sont exploitées, de la santé, et de la biodiversité ?

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