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L’URBANISME SENSITIF

  • Notre Invité : M. Gilles ROUSSEAU
  • Architecte-Urbaniste de l’AGENCE ROUSSEAU URBANISME
  • Ancien Directeur d’Enseignement de l’Urbanisme et de l‘Aménagement de l’espace public à l’Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris (E.I.V.P.)

La stratégie d’aménagement urbain pose la question du lien entre réalité objective et subjective des lieux de vie.

Dès la phase de conception programmatique, l’urbaniste doit faire appel à une part de son imaginaire pour se projeter dans la réalité future de ces lieux. Toutefois, il risque de contrarier le projet ; le concept initial, le raisonnement technique et quantitatif, jusqu’à l’approche règlementaire.

Pour introduire une étude urbaine à la fois sensitive et « raisonnée », l’idée serait d’appuyer toutes les étapes de la conception urbaine ; de la création au raisonnement technique, des choix préalables aux contraintes règlementaires etc., sur une méthodologie qui inscrive dans le processus de décision, une série de critères sensoriels à l’instar des critères de Développement Durable. Ceci pour éviter de réduire la perspective urbanistique à l’exercice d’un modèle technico-administratif et super normatif.

L’approche sensorielle de l’urbanisme n’est pas une idée neuve. François ASHER rappelait les quatre sphères qui constituent l’univers individualisé du citadin ; l’intimité, la familiarité, la convivialité et l’urbanité. Autant de dimensions sensorielles qui font appel aux sens de chaque individu dans la ville.

Les sens enrichissent et font vivre l’espace urbain.

L’organisation de l’espace provoque des relations multiples entre des individualités aux sens plus ou moins aigus, différents, et parfois antinomiques.

Cette alchimie participe à la quotidienneté dans nos villes, avec des vécus diversement perçus.

Les vécus peuvent même relever d’une sensibilité – organique -. De celle qui perçoit un niveau trop élevé de pollutions, ou une forte variation électromagnétique, comme autant de signaux d’altération de la qualité de vie.

La sensibilité visuelle n’est pas en reste, dans son approche de nouvelles formes urbaines bien sûr, mais aussi dans le patrimoine, l’œuvre monumentale, l’œuvre picturale comme le graffiti urbain, ou encore l’évolution de l’expression paysagère, qui s’inscrivent dans notre culture partagée.

urbanisme sensitif

De même, les perceptions olfactives et sonores, très préoccupantes, occupent l’espace urbain de l’individu dans la ville. La perception sonore varie ; l’eau d’une fontaine, les pavés qui font raisonner, ou bien les cloches d’une église, sont diversement ressentis. Des habitants les apprécient en imposant leur restauration, quand d’autres ne les supportent plus, réclamant leur démolition…

Le travail de conception urbaine peut ainsi être valorisé par une expertise sensitive de l’urbanisme. L’urbanisme sensitif – revisité – permet de rafraîchir la conception urbaine et cette démarche peut aisément s’inclure dans celle plus large de Développement Durable, qui s’impose ici plus que jamais !

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1 réflexion au sujet de “L’URBANISME SENSITIF”

  1. L’urbanisme sensitif n’est pas nouveau pourtant peu de gens en parlent et c’est vraiment quelque chose d’important pour l’avenir de nos villes !

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